Je m’en irai dormir dans le paradis blanc

Je m’en irai dormir dans le paradis blanc

Nous sommes un groupe de 8, amis d’Annecy et amis d’amis, avec comme objectif de tâter la peuf de Belledonne. Objectif : Rocher Blanc à 2928m d’altitude par la voie normale, facile techniquement mais offrant une belle ambiance de haute montagne. Les prévisions mettent en garde contre une forte instabilité du manteau neigeux, nous avons donc choisi un itinéraire assez à l’abri.

Nous montons au refuge de Combe Madame (1784m) le samedi en début d’après-midi depuis Fond de France (1060m). On part sous une fine pluie qui se transforme rapidement en une abondante chute de gros flocons, qui se refroidissent au fur et à mesure de notre ascension. Quel magnifique spectacle entre les sapins ! Nous arrivons au premier refuge, nous voyons de la fumée qui sort de la cheminé, un groupe a déjà dû s’installer.


Nous continuons car ce n’est pas notre objectif. Le groupe avance bien, et nous sortons de la forêt ; nous ne sommes plus très loin. Vers 1700m, une avalanche partie plus haut arrive sur nous, tout le monde s’écarte pour l’éviter. Heureusement, elle avance lentement et n’est pas très large, la quantité de neige mobilisé n’est pas assez importante pour enfouir totalement quelqu’un. En même temps, je rappel que l’on a choisi l’itinéraire permettant de minimiser les risques. Mention spéciale à Lucas, qui tombe à ce moment alors que Pilou l’exhorte d’avancer ; l’avalanche les manquera de peu. Nous arrivons en vue du refuge peu après.


Personne n’est encore sur place ; on dégage la porte et on allume immédiatement le poêle à l’aide des 20kg de bois que l’on a monté. Le refuge est bien isolé, le poêle efficace, on a rapidement chaud et la pièce se transforme en hammam avec l’humidité de nos vêtements que l’on tente de faire sécher. La soirée est joyeuse, entre discussions animées, coinche et grandes rations de pates-bolo, saucissons, tomme et autres victuailles ; sans oublier évidemment une bonne pinte de bière et un verre de rouge. C’est sûr, on n’est pas parti léger !


Dimanche, levé vers 6h30 pour un départ à 8h20 (le bonheur des grands groupes avec des monchus…). Nous bénéficions de la trace faite par un groupe parti 15 minutes devant nous. Nous les rejoignons en 20 minutes, pendant qu’ils négocient le passage le plus exposé aux avalanches de la course. On le sait, c’est l’endroit où on peut prendre un but. La face que l’on doit remonter normalement est tombée devant leur yeux mais tout ne semble pas purgé pour autant. Décision est prise de remonter un goulet au fond duquel coule un torrent, qui n’est pas exposé aux contre-pentes et pas trop raide, mais assez étroit. La trace est difficile à faire, c’est l’autre groupe qui s’en charge. On arrive en haut de ce goulet, je manque de tomber dans le torrent en effondrant un pont de neige et nous relayons l’autre groupe pour faire la trace, dans plus de 50cm de neige fraiche.


Pilou, puis Jim se chargent de la trace. Je les relais un peu plus loin, et trace dré dans le pentu ; une vraie trace de sanglier comme on les aimes ! Bon, ça fait chauffer assez rapidement les cuissots, je ne tarde pas à laisser ma place. Nous sommes à l’ombre car le vallon que l’on remonte est en face nord ; les imposants sommets qui nous entourent nous cachent le soleil. Il fait froid, d’autant plus qu’un petit vent cherche à s’immiscer sous nos vêtements. On arrive finalement en vu du soleil, il n’est pas loin. Ça y est, il nous illumine de ses rayons ardents, qui nous réchauffent immédiatement. Je dois vite enlever une couche sous peine de finir liquide. Un dernier raidillon nous permet d’accéder à la rampe sommitale. Nous entendons au-dessus de nous le drone de Jim, qui est déjà arrivé, et tentons de prendre notre plus belle pose ; les images devraient être belles. Ça y est, nous sommes au sommet !


Nous avons droit à une vue à 360° sur l’ensemble des massifs avoisinants. On profite de la vue, du soleil et de quelques tranches de saucisson avant d’entamer la descente. Et quelle descente ! Une neige de cinéma, nous volons sur une épisse couche de peuf. De 2928m à 2300m environ, la neige est parfaite. Entre 2300m et 2100, elle devient plus lourde, Thomas s’est fait surprendre lors de la réception d’un saut, stoppé net par la neige collante et a fini tel une autruche.  


Durant la descente, je m’engage dans une pente un peu plus raide ; je me fais la remarque que ça ne doit pas être très stable et décide d’y aller dré d’dant pour éviter de surcharger le manteau neigeux. Si je descends sans encombre, ce n’est pas le cas de Manu, qui déclenche une plaque sous ses pieds. Pas de mal, il évite la coulée en faisant une traversée et se met en sécurité. La plaque n’est pas très grosse et ne va pas très loin, la partie raide étant courte.

En dessous de 2100m, la neige immaculée est toujours agréable, mais la couche étant plus fine c’est la roulette russe ; qui prendra le caillou ? Il parait que Sylvain cherche actuellement une nouvelle paire de skis. J’arrive à passer relativement entre les mailles du filet, et ai juste gagné quelques accros sans gravité sous la spatule.


De retour au refuge, et après s’être rassasié, on se lance dans un exercice de recherche DVA, une révision bienvenue pour tous. D’ailleurs, Thomas, qui a caché son DVA pendant l’exercice l’a oublié au refuge. Heureusement qu’on avait le contact des gens qui sont parti en dernier du refuge !

Finalement, nous redescendons la forêt que nous avions monté la veille, en déchaussant seulement 100m avt l’arrivée 😊. Bon et pour la petite histoire, Manu a réussi à se perdre alors qu’il était au milieu du groupe en prenant une mauvaise bifurcation…. Et je vous le donne en mille, c’est un parisien, coïncidence ? Je vous laisse juger.


Je vous laisse avec quelques images du drone de Jim 😊

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